02.02
Les règles sont désormais fixées par décret pour permettre en France un étiquetage « Sans OGM » clair des produits alimentaires issus d’ingrédients végétaux et animaux.
La course aux produits sans OGM dans les rayons alimentaires est lancée. Les règles d’étiquetage de ces produits viennent d’être enfin arrêtées par les ministères de l’Agriculture et de l’Environnement. A la grande satisfaction des associations de défense de consommateurs, qui piaffaient d’impatience. Jusqu’à maintenant, seule la présence d’OGM leur était signalée, la réglementation européenne faisant obligation de mentionner celle-ci sur les produits concernés au-delà d’une « trace » supérieure à 0,9 %. Désormais l’absence d’OGM sera clairement mentionnée, sous un seuil de 0,1 %. La France devenant ainsi plus exigeante que Bruxelles.
Applicables à compter du 1 er juillet prochain, les nouvelles règles en vigueur dans l’Hexagone en diront aussi beaucoup plus aux consommateurs que celles édictées en 2004 par Bruxelles, muettes quant à la présence d’OGM dans les aliments utilisés pour l’élevage. Paris fait ce distinguo. La mention « Sans OGM », qui s’applique aux ingrédients d’origine végétale, animale et apicole, comporte deux déclinaisons : « Issu d’animaux nourris sans OGM » et « Nourri sans OGM ». « Après quatorze ans d’attente, les consommateurs vont enfin pouvoir identifier sans ambiguïté la viande, le poisson, les produits laitiers, les oeufs et les autres aliments provenant d’animaux nourris sans OGM », s’est félicité l’UFC-Que Choisir, qui a participé à la rédaction du décret paru mardi dernier.
Le texte coproduit par les deux ministères ne rend toutefois pas obligatoire cet étiquetage. Mais on imagine mal les acteurs des filières sans OGM, maintenues dans l’ombre par les règles européennes, ne pas se saisir de cet argument de vente. Cette codification de l’étiquetage va aussi libérer les initiatives dans la grande distribution. Carrefour propose depuis plus d’un an une gamme de produits à sa marque issus d’animaux nourris sans OGM, estampillés comme tels.
Pour les produits d’origine végétale, des étiquettes « Sans OGM » pouvaient déjà être utilisées pour les pousses de soja et pour le maïs depuis 2004, grâce à une circulaire de la Direction de la répression des fraudes. Cette pratique pourra être étendue à d’autres espèces végétales ayant des variétés OGM, selon l’UFC-Que Choisir. Les ONG se réjouissent aussi de la sortie de ces règles, qui, espèrent-ils, devraient impacter l’importation de soja OGM, très majoritairement utilisé dans l’élevage. Mais le gouvernement, estiment certaines ONG, aurait pu aller plus loin en autorisant ce nouvel étiquetage pour les produits issus de matières premières alimentaires qui n’ont pas d’équivalent OGM. Donc forcément sans OGM.
JOËL COSSARDEAUX, Les Echos




